🧳 💭 Départs
Dans mes first world problems : les départs en vacances me stressent souvent. Parfois trop.
Les valises à faire notamment. Choisir quoi prendre, ou pas. Avec tendance à me surcharger « au cas où ». Les énormes sacs pleins de choses. Dont celles qui ne servent pas une fois sur place. Partir avec des enfants a décuplé le sujet.
Je sais désormais que le TDAH n'est pas étranger à cela. (Oui, je suis diagnostiqué.) Le cerveau crépite d'informations à traiter. L'impression d'entendre plein de cymbales qui sonnent dans chaque pièce avant de partir. J'évalue tout ce que je vois pour savoir si c'est utile.
Je tente de m'organiser différemment. De suivre des listes, de ne pas me laisser submerger. Ef-fi-ca-ci-té.
Puis je commence un sac dans une chambre. Cela me conduit dans la salle de bain, où je commence une trousse. Je lance une lessive, tant qu'à faire. Puis je lance le début d'un sac de produits ménagers (bah oui, j'ai la lessive dans la main). En attendant, je descends à la cave. Et cette bouteille de vin, tiens. Je vais la déposer dans la voiture. Ah oui, vérifions la pression des pneus. Puis je repasse dans la chambre d'enfants. Ah, mais il manque un câble pour ce truc. Que je cherche dans le salon. Ah tiens, les lunettes sont là. Je commence un autre sac. J'ajoute un tote-bag. Où est ce chargeur ? La machine est finie. En fait, je n'avais pas besoin de laver ça pour partir. Mais je la fais sécher. Oh, y a cet autre truc près du séchoir. Je le mets de côté pour un autre sac. Bon, y a pas de place pour ces livres.
Chaque départ en vacances démarre par ce tunnel. Une ligne de moyenne-tension qui croit comme une vague, dont l'intensité dépend de divers facteurs émotionnels. Mon cerveau n'a pas de plan, a lancé des coureurs dans un stade, et traite simultanément chaque couloir de course. Sans jamais terminer chaque voie, mais en les faisant toutes avancer plus ou moins vite.
Ce qui ne me fait pas vriller, c'est la deadline. Et à la fin, tout est ok. Même si donc, je prends trop d'affaires, en fonction de la limite du moyen de transport.
Hier soir, une fois les sacs prêts et la voiture pleine à craquer. Je souffle un peu. Erreur. La voiture est en panne. Les clignotants et les rétros font n'imp. Divers voyants s'éteignent et se rallument. Il est 21 heures au niveau -2 du parking, et je fais la gueule. J'écris une partie de ce post en attendant une dépanneuse. Ça me soulage. Puis le dépanneur de Maison-Alfort me dit que la batterie vit encore. Qu'il faut juste la recharger, et que je roule 45 mn. C'est parti pour le périph à 23 heures.

L'autre sujet : composer avec diverses sensibilités. Après où partir, il faut savoir quand partir, comment partir, quelles sont les meilleures options pour chacun. Le grand écart entre ceux qui ne supportent pas la voiture, d'autres l'avion, d'autres le train. Partir tôt le matin. Tard le soir. Faire des pauses ou pas. Combien de temps ? Et si y a des bouchons ? Mais, attends, y a plus de place dans la voiture là ?
J'adore conduire. Mais je n'aime pas le matin. Vu le trajet vers la montagne, en pleines vacances scolaires, on part très tôt après une nuit très courte. Le tour complet du périph à 23 heures a pris plus de temps que prévu.
Ouf, la voiture démarre. La batterie vit vraiment encore. Je me rendors. Un push d'infos me fait ouvrir un œil. Les États-Unis attaquent l'Iran. Ça réveille. Les infos, mais personne ne sait rien. On passe sur Nostalgie. Puis Fip Culte. Patrick Hernandez. L'hésitation à passer sur l'A404, « l'autoroute où rien ne s'affiche jamais ». Des sandwichs, des tomates cerises, des Pringles et des gaufres expédiés en roulant. Les enfants très calmes à l'arrière, surtout grâce aux films Harry Potter.
Les nuages se lèvent. Les montagnes. La neige au loin. Le soleil. Les tournicotis des routes en lacet. « Regarde au loin pour ne pas vomir. » L'arrivée en avance. Le café au soleil. Le mètre de neige sur chaque toit de chalet. Les bagages déchargées, avec tout ce qu'il faut, ou presque. La première balade dans la neige. On s'enfonce. Elles rigolent, me lancent des boules de neige. C'était quoi, les problèmes d'hier, déjà ?

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